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Rembourser les dettes en roubles, contre-attaque gagnante de la Russie ?

Les personnes à la direction de notre économie qui ont des sanctions antirusses plein la bouche devraient se souvenir du coup des emprunts russes...

 

 

L’histoire est tragique, ET comique.

 

 
 

Malgré cela, le défaut de paiement reste suspendu au-dessus de la Russie. La déstabilisation de l’économie, on le sait fragile, fait remonter le spectre de 1998 chez les Russes.

 

 

– La Rédaction d’E&R –

 


 

La riposte russe aux sanctions occidentales a pris le lundi 7 mars une forme assez originale : établir une liste de pays « hostiles » à la Russie et autoriser les particuliers et les entreprises russes à leur rembourser leurs dettes en roubles. Et ce même si le crédit était contracté dans une autre devise.

 

Sur cette liste, on retrouve les pays de l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, mais également le Canada, la Suisse, Monaco ou la Corée. La décision du Kremlin semble en fait assez astucieuse et vise à s’adjuger indirectement le soutien des banques étrangères.

 

Double peine ?

La plupart des sanctions économiques prises contre la Russie ont pour but de générer un isolement financier de cette dernière. La logique est assez simple, comme le dit l’adage : l’argent est le nerf de la guerre. Sans argent, il semble extrêmement compliqué pour la Russie de pouvoir continuer son action de manière soutenue.

Et cette stratégie de mise à mal de l’économie russe fonctionne en partie. Au 24 février, jour de l’invasion, la parité euro/rouble était de 95 (c’est-à-dire que 1 euro équivalait à 95 roubles). Ce lundi 7 mars, celle-ci était montée à 148,38. Cela veut dire qu’un Russe qui souhaitait acheter un bien à 300 euros en France devait débourser 28 423 roubles le 24 février, et 44 366 roubles le 7 mars.

Le potentiel d’achat des Russes à l’international se trouve donc largement réduit. Quand on sait que ces derniers importaient pour près de 240 milliards de dollars en 2020 (environ 197 milliards d’euros), l’addition augmente donc très fortement.

On pourrait penser, symétriquement, que cette dévalorisation du rouble réduise les coûts d’exportation de la Russie vers les pays étrangers, favorisant les producteurs russes à l’international. Cependant, pour contrer ce potentiel effet positif, la plupart des pays européens ont décidé de boycotter les exportations russes. Ils refusent par exemple la délivrance des licences d’exportation de certains biens. De ce fait, la peine est double : les importations diminuent et les exportations sont bloquées.

Quelles sont les solutions traditionnelles à cette dépréciation de la monnaie pour la Russie ?

Le régime de change du rouble par rapport aux autres devises est un régime dit flottant, c’est-à-dire qu’il est fixé par les lois de l’offre et de la demande sur le marché. Pour renforcer le rouble, il faudrait donc qu’il devienne plus demandé, et donc augmenter le nombre de transactions financières internationales en rouble… ce qu’empêchent délibérément les sanctions prises aujourd’hui.

Quelle carte restait-il alors dans les mains du Kremlin ? La réponse donnée est pour le moins imaginative et intelligente : autoriser le paiement des crédits russes à l’étranger en rouble.

 

Les banques internationales dans l’impasse

Au-delà des acteurs du commerce international, les personnes possédant des crédits auprès d’établissements étrangers se trouvent directement concernées par les sanctions internationales. Supposons que vous êtes russe et que vous avez emprunté 100 000 euros à une banque française dont vous remboursez tous les mois 500 euros. Au 24 février, cela représentait 47 530 roubles, alors que la même somme représente 74 190 roubles au 7 mars. Le crédit devient de plus en plus compliqué à rembourser.

Il y a donc un risque d’une hausse massive des défauts de paiement, engendrant des difficultés pour les banques étrangères. Et c’est précisément le levier sur lequel Moscou entend jouer. En autorisant les débiteurs russes à payer leur crédit détenu à l’étranger, non plus dans la devise locale, mais en rouble, les autorités russes délèguent le maintien et la gestion de leur monnaie non plus à leur banque centrale, mais aux banques étrangères.

[...]

La banque française a donc tout intérêt à s’assurer que la parité rouble/euro ne perde pas plus de valeur qu’elle ne l’a déjà fait actuellement. Ainsi en prenant cette décision, la Russie a fait en sorte que les banques internationales cherchent à soutenir indirectement l’économie russe, dans le but d’éviter de voir leur crédit dévalorisé.

Lire l’article entier sur theconversation.com

Les sanctions boomerang, sur E&R :

 






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46 Commentaires

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  • Sachant que les plus grosses banques à l’étranger sont françaises...c’est un coup de maitre. Qu’en notre ministre de l’économie ? Une suggestion ?

     

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  • Quel intérêt pour les Russes d’acheter des biens immobiliers dans des pays hostiles et complètements pourris à force de tapiner pour leur maitre Yankee. Ces pays n ont aucune souveraineté et ce sont des pays de débauches et corrompus.

     

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  • V.POUTINE appelle ça une roublardise.

     

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  • #2925470

    Cet article fait la recension des débilité autour du sujet économique.

    1/ La plupart des russes ont l’équivalent de 300-400 €/mois donc avant, pendant et après la guerre ils ne vont pas venir faire un crédit en € !

    2/ La Russie peut se passer d’acheter à l’étranger et pour certains biens elle trouvera toujours un marchand chinois pour faire l’intermédiaire !

    Par contre nous européens n’avons aucune autonomie : ZERO.

    Donc qui va souffrir ?

    3/ Ces articles parlent de dettes alors oui, à chaque fois que j’achète un truc j’ai une dette le temps de finaliser l’achat.
    Que les entreprises russes puissent remplacer la monnaie définie dans le contrat par la monnaie locale sans risque de poursuite , ça c’est nouveau.

    Une fois de plus, nos médias tentent de nous rassurer en gonflant le torse et nous assurant que nous sommes les plus forts...

     

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  • Amusant quand on sait que la baisse du rouble est favorable aux entreprises russes qui se tamponnent complètement de la parité Ru/Eur.Dol.

     

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  • C’est bien joué de la part du gvt russe. J’imagine la tête des européistes : il sont la même peur que la France quitte l’UE et se mette à rembourser ses dettes en franc (dévalué de 20-30%)....

     

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  • Du côté occidental la propagande est totalement insupportable. J’ai jeté un oeil sur C dans l’air je crois et heureusement les 2 ans de comédie Covid me permettent de mesurer l’étendue considérable du mensonge et de ne pas croire un mot de ce qu’ils disent. Ces gens là ont été opérés de la honte, c’est trés clair.

     

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  • De toutes façons les Russes sont dans leur bon droit et donc du côté de la morale donc Dieu leur donnera toujours le dernier mot. Et c’est trés bien ainsi.

     

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  • #2925642

    Je ne suis pas spécialiste mais je pense que l’auteur de l’article s’est trompé.

    Poutine autorise les russes à payer en roubles.
    Il ne les a pas autorisés à payer en rouble au cours forcé d’1€ = 1 rouble.

    Voici pourquoi il a décrété ce qu’il a décrété (et non pas pour les raisons fantaisistes avec les effets imaginaires décrits dans l’article) :

    - Hier, pour rembourser sa dette en euros, le russe achetait à la banque centrale russe des euros qu’il payait en roubles.

    - Comme la moitié des réserves de change de la Russie sont à l’étranger et bloquées par l’Occident, la Russie ne pourrait pas longtemps permettre à Popov de lui acheter des euros pour rembourser ses dettes : tous ses euros y passerait et il ne resterait plus aucune devise pour faire face aux achats d’importation.

    - Donc, on va permettre à Popov de rembourser sa dette en roubles dont la banque étrangère ne pourra rien faire : la banque centrale russe gardera ses devises ; et la banque étrangère ne pourra rien faire de ses roubles du fait du blocus contre la Russie.

    - C’est donc la banque étrangère qui se retrouvera bientôt en cessation de paiment avec des coffres plein de roubles qui ne servent à rien alors que la banque centrale russe aura gardé toutes ses devises non saisies.

    Pourtant, la partie ne fait que commencer :

    - D’une part, la banque étrangère pourrait demander une fois payée en roubles à convertir sa créance en euros sur les réserves de la banqque centrale russe situées à l’étranger.

    - D’autre part, Popov va très vite comprendre qu’il serait plus simple et sans risque pour lui de ne PAS payer le moindre rouble à son banquier étranger puisque celui ci et pour longtemps restera étranger mais plus jamais spn banquier !

     

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  • L’union économique eurasienne, la Chine, l’Inde, la Biélorussie ont décidé d’abandonner le dollar et l’euro, l’agonie pour ces deux monnaies qui asservissent le monde. Pour le dollar, c’est encore pire puisque les états qui l’ont abandonné, sont plus nombreux. À part les états qui ont reçu des aides économiques qui demeureront les esclaves de ces puissances par l’usure, mais certains états commencent à refuser ces aides.

     

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